Le Parcours

François Veyrunes

Après une maîtrise d’informatique et une passion pour le ski Alpin qui le mène en Equipe de France Universitaire, c’est au CNDC – Centre National de Danse Contemporaine à Angers (1984/85) – puis à New York (1985/86) qu’il approfondit sa formation de danseur. De 1986 à 1989, il est interprète dans les compagnies de Christiane Blaise, Annie Delichères et Mirjam Berns. En 1989, il crée la Compagnie 47•49 François Veyrunes et développe un travail de création en France et à l’étranger. Il a créé à ce jour plus d’une trentaine de pièces chorégraphiques. Il collabore avec d’autres arts et artistes et cofonde en 1999 le collectif Citédanse à Grenoble dont il membre actif jusqu’en 2016.

François Veyrunes développe avec enthousiasme et détermination une ligne artistique et un engagement citoyen qu’il inscrit dans la durée au sein de la compagnie. Il considère essentielle la valeur du temps pour creuser toujours et davantage la question de l’être en tant que sujet, dans ses propres défis, sa créativité et son libre-arbitre. Pour mettre en œuvre ce travail, il met en place un fonctionnement collégial où l’écoute, la réflexion, le questionnement du sens sont permanents. L’articulation entre « la pensée, le dire, le faire » constitue la pierre angulaire de la création, de l’action artistique, de la formation, et du management. 

 

Cette dimension collégiale se traduit également sur le plan artistique. Depuis 2009, le plasticien Philippe Veyrunes conçoit en amont de chaque pièce une dimension plastique singulière. La lumière est envisagée comme matière, en volume et en teinte, envahit l’espace et se déploie dans le temps. Cette base cadre et pose un référentiel pour le développement de l’écriture chorégraphique. Elle crée une dialectique entre les corps et l’espace. Dans son travail de mise en lumière, il développe une partition parallèle à l’action donnée et met en tension l’ensemble de l’espace scénique. L’artiste chorégraphique Christel Brink Przygodda porte un regard croisé sur l’écriture dramaturgique et chorégraphique. À partir des fondamentaux et leur transposition dans les corps, elle interroge l’acte chorégraphique en devenir, tout au long du processus de création. En tant que dramaturge, elle co-construit les approches conceptuelles qui sous-tendent le déroulement des œuvres.

Ce travail de coopération permet, depuis quelques années, une écriture chorégraphique plus affirmée, conduisant à la rencontre d’un vaste public. Les dernières pièces bénéficient de tournées importantes en France et à l’étranger. En octobre 2014, François Veyrunes est lauréat du concours international de danse Masdanza aux îles Canaries (prix du jury et prix du public). En 2015, la compagnie représente la France à la journée internationale de la danse à Shanghai, puis est invitée au Sidance à Séoul et à Busan en Corée ainsi qu’à la plateforme internationale d’Almada à Lisbonne. En juillet 2017, il est invité par le comité international de la Danse, au 5th International Danse Symposium organisé à Segovia (Espagne).

En mars 2017, le travail de la compagnie prend un nouveau souffle avec Sisyphe Heureux, troisième volet de Une Trilogie Humaine, pour six danseurs, présentée à Avignon en juillet 2018, puis à la Biennale de la Danse de Lyon, en septembre. Cette trilogie est caractéristique de son travail, et invite le spectateur à traverser une expérience unique dans la fraternité qu’elle convoque, dans la dimension charnelle qu’elle met en jeu et dans ce qu’elle irrigue de vie. Dans la référence aux héros antiques, les enjeux artistiques touchent à la fois aux dimensions archaïques et symboliques. Cette recherche chorégraphique aboutit à une calligraphie du corps engagé, à une poétique du mouvement et à un art qui cisèle l’espace. Le chorégraphe convoque les danseurs vers des forces intérieures de construction de l’individu : en lui-même, et dans ses rapports aux autres.

François Veyrunes considère la transmission de son travail comme centrale, tant aux amateurs qu’aux professionnels. Il intervient régulièrement auprès de jeunes danseurs en formation, dans le cadre de master class ou d’ateliers de transmission. Il est, plusieurs fois, chorégraphe invité auprès de compagnies junior ou universitaires, ou au CNSMD de Lyon, pour des reprises ou des créations.  Ce travail se construit dans une proximité singulière au territoire, notamment au moyen de dispositifs de résidences territoriales longue durée.

La compagnie développe son travail grâce au croisement entre le processus de création et les actions artistiques qu’elle met en œuvre, auprès des populations qui l’entoure. A chacune de ces rencontres, il s’agit, au contact de l’objet et du processus artistique, de révéler la singularité de chacun : danseurs, circassiens, comédiens professionnels, personnes amateurs, étudiants, écoliers, individus en voie de réinsertion, personne en situation de handicaps, malade ou détenus. Dans le souci de « faire trace », ces rencontrent donnent très souvent lieu à la construction d’un objet « qui reste » : vidéos documentaires (La part du vivant ; Etre là) ou films poétiques (9h-7).

Aujourd’hui en 2019 et pour les années à venir, la compagnie 47•49 poursuit son chemin artistique et citoyen avec toujours autant d’engagement et de détermination. Creuser toujours et davantage son écriture chorégraphique radicale et singulière ; être ouvert et disponible, au regard des pulsions du monde, inscrire son projet en partage au cœur de la cité.

« La danse de François Veyrunes est un voyage cosmologique, une invitation à braver l’inconnu, les peurs, et vous réconcilie avec l’humanité ». Marie-José Sirach, l’Humanité.

Dans le sillage de la déclaration de Fribourg de 2013, les valeurs de la Compagnie 47•49, conventionnée par l’Etat, s’ancrent naturellement dans l’expression de la dignité humaine et la nécessité de recréer du lien, par la coopération, entre l’ensemble des opérateurs du champ artistique et culturel. Les enjeux de société se transformant en enjeux culturels, l’artiste a donc très explicitement une responsabilité envers lui-même et envers ceux-ci.

La circulation horizontale et transversale de l’objet artistique, exigence conjointe de l’accès et de l’insertion dans le territoire, est une des valeurs fondatrices de mon travail. La création, comme l’action artistique, participent à la vitalité et à l’ancrage de ma compagnie dans la vie de la cité et dans tous ses projets territoriaux. La création chorégraphique et l’action artistique sont alors envisagées comme deux  « alter-ego » indissociables. C’est par allers-retours incessants entre ces deux enjeux que se développent le sens et l’engagement du travail de la compagnie.

L'équipe

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François Veyrunes - Chorégraphe

Formé à l’école des Beaux – Arts de Dijon et à l’Academy of Art de New York, il poursuit son éducation artistique auprès du créateur lumière hollandais Johan Vonk.
De retour en France en 1992 il développe un travail de conception lumière et scénographie pour le spectacle vivant, notamment avec Myriam Berns et Henry Torgue, Vidéo Lupum-Pont, Antonio Placer, Compagnie 47• 49 François Veyrunes et des expositions pour le Centre International du Graphisme d’Echirolles.
Ses expositions personnelles et ses installations plastiques sont accueillies dans divers lieux. En 2007 il co-fonde le Collectif K-LI-P et confronte sa recherche plastique visuelle avec l’artiste chorégraphique Christel Brink Przygodda.

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Christel Brink-Przygodda - Dramaturge et assistante à la chorégraphie

Après des études de danse classique et contemporaine en Allemagne, en France et aux Pays-Bas, elle rejoint la jeune danse Française en 1987. Elle travaille notamment avec Annie Delichère,Cathy Cambet, Myriam Berns, Ruth Meyer Cie et collabore artistiquement avec le chorégraphe François Veyrunes depuis les débuts de la Compagnie 47• 49. En 2005 elle reprend sa recherche d’une écriture croisée avec le plasticien Philippe Veyrunes et crée le Collectif K-LI-P.
Son travail plastique visuel « Ego Document » s’ouvre à des danseurs amateurs et professionnels à partir de 2013.

Philippe Veyrunes - Plasticien

Formé à l’école des Beaux – Arts de Dijon et à l’Academy of Art de New York, il poursuit son éducation artistique auprès du créateur lumière hollandais Johan Vonk. De retour en France en 1992 il développe un travail de conception lumière et scénographie pour le spectacle vivant, notamment avec Myriam Berns et Henry Torgue, Vidéo Lupum-Pont, Antonio Placer, Compagnie 47• 49 François Veyrunes et des expositions pour le Centre International du Graphisme d’Echirolles. Ses expositions personnelles et ses installations plastiques sont accueillies dans divers lieux. En 2007 il co-fondele Collectif K-LI-P et confronte sa recherche plastique visuelle avec l’artiste chorégraphique Christel Brink Przygodda.

Valérie Joly-Malevergne - Administratrice de production

Après un double cursus de mathématiques appliquées et de sociologie à la Sorbonne, Valérie Joly-Malevergne est en charge des Etudes Statistiques à la SOFRES à Paris pendant près de 10 ans. En 2005, elle choisit de mettre ses compétences au service d’une structure culturelle. Elle rejoint la compagnie 47• 49 François Veyrunes et prend le poste d’administratrice de production en 2010.

Karine Trabucco - Attachée de production

À la suite d’un cursus universitaire alliant histoire, histoire de l’art et muséologie, Karine Trabucco travaille auprès de différentes structures artistiques et culturelles, Musées du réseau Isère et Culture, Centre Culturel Cinématographique, le Magasin – CNAC – Grenoble, Le laboratoire d’Art d’Aujourd’hui, L’école supérieure de création graphique – SUPCREA – Grenoble, autour de notions qui animent ses recherches : les différentes formes de médiation, la place du public dans les espaces d’exposition et sa relation à l’oeuvre contemporaine. Intéressée par les croisements entre différents champs artistiques, elle rejoint la Compagnie 47• 49 François Veyrunes en 2011.

Processus chorégraphique

Accueillir et ne pas subir.
Accueillir et rester digne.

L’art est cette évasion nécessaire par laquelle l’homme peut retrouver sa dignité.
La question de la dignité de l’homme est la principale source de mes préoccupations artistiques.

Cette question interroge l’être souverain, créateur de sa vie, celui qui se respecte et respecte autrui ; elle est liée à la disposition de choisir d’être ce que nous sommes, quelle que soit l’idée que nous nous faisons de nos aspirations ; elle renvoie l’individu à la tension dans laquelle il se trouve, aux confins de son unicité, en regard de l’humanité à laquelle il appartient.

Je relie la question de la dignité de l’homme à sa capacité à se métamorphoser – à trouver des solutions et ne pas subir. Mon langage est celui d’un corps jubilatoire mû par l’intelligence du coeur. C’est le moyen d’expression viscéral, la source.

Si le corps a aussi ses raisons que la raison ignore, il m’apparaît essen- tiel d’organiser ce discours sensible par la pensée qui en découle et qui, en le nourrissant, le transforme et me permet d’agencer la structure chorégraphique.
François Veyrunes

 

Processus chorégraphique

« La réalité meut, fascine, effraie, émerveille ou excite, mais elle ne séduit pas. »Francis Bacon

Je considère le corps comme un ensemble cohérent, un médium qui, une action après l’autre, porte une succession de déformations physiques.
Ces déformations font exister l’espace autour des corps en jeux et les révèlent comme sujets.
Je compose à partir de la tonicité propre de l’interprète, au sein de sa kiné-sphère.
Je compose avec «l’espace entre» et «l’espace impalpable».
Relié à mes racines autour du travail de Merce Cunningham je recherche un corps engagé.

Le corps est questionné et travaillé dans ses oppositions physiques pour un engagement global extrême.
La propagation du mouvement et le transfert du poids construisent, dans un mouvement sans retour en arrière, une gestuelle non symétrique dans une forte mobilité articulaire.
Le temps de l’action dansée est reliée à sa durée, quelle soit simple ou multiple.

Le temps de l’action dansée est reliée à toutes formes de distorsions de l’écoulement du temps.
La dimension du temps présent est incarné dans l’action.
Un univers plastique abstrait construit le cadre scénographique de mon travail.
François Veyrunes